L'homéopathie en 12 questions

1. De quand date l’homéopathie ?

L’homéopathie a plus de 200 ans ! C’est le médecin Samuel HAHNEMANN, né en 1755 (Allemagne), qui est considéré comme le fondateur de l’homéopathie, même si déjà, à l’Antiquité, Hippocrate en exposait les premiers principes. Le vétérinaire allemand Guillaume LUX, né en 1776 est le premier à avoir administré des médicaments homéopathiques à des chevaux et à des bovins.

 

2. Que veut dire le terme “homéopathie” ?

« Semblable à la maladie » ou encore « maladie soignée par les semblables ». En effet, l’homéopathie repose sur la loi dite « de similitude » définie par Samuel HAHNEMANN : « Toute substance pouvant créer des symptômes est capable de guérir ces mêmes symptômes ».

 

3. Qu’est-ce qui caractérise le médicament homéopathique ?

C’est un médicament préparé à partir d’une substance végétale, animale, minérale ou chimique, selon une technique de fabrication particulière de dilutions et de secousses (=dynamisation) successives. Ainsi, l’homéopathie utilise des substances médicamenteuses à des doses très faibles (infinitésimales). Il existe plus de 3000 substances disponibles aujourd’hui. Les médicaments homéopathiques résultent d’une observation à la fois pharmacologique (étude d’une substance sur des sujets sains) et clinique (étude de la même substance sur des sujets malades).

 

4. Un même traitement homéopathique pour une maladie donnée ?

Non. L’homéopathie est une médecine « individualisée » : deux animaux peuvent recevoir un traitement différent pour une même maladie, selon les symptômes qui prédominent chez l’un ou chez l’autre. Ainsi, elle s’appuie sur les signes cliniques spécifiques de chaque malade dans sa globalité. Elle tient compte des spécificités de chacun, des modalités d’apparition de la maladie, de l’environnement, des antécédents, des facteurs qui aggravent ou améliorent… On parle de « bilan homéopathique ».

 

5. Comment ça marche ?

Son mode d’action précis n’est pas encore connu. On sait cependant que l’homéopathie agit en stimulant l’organisme pour lui permettre de réagir face à une agression extérieure. On parle de « message homéopathique » ou de « signal envoyé à l’organisme ».

 

6. L’homéopathie peut-elle tout soigner ?

Non, même si son champ est très vaste, aussi bien pour des cas aigus que chroniques : troubles digestifs, maladies de peau, coryza, stress, arthrose, réactions allergiques, troubles urinaires, traumatologie … L’homéopathie ne soigne pas les maladies évolutives graves (cancers, leucémies …), ni les maladies nécessitant une intervention chirurgicale. En revanche, les médicaments homéopathiques peuvent être prescrits en complément des traitements classiques pour agir sur les effets secondaires de la maladie ou de ses traitements (nausées, fatigue, réactions cutanées …) ou encore pour aider l’organisme à réagir le mieux possible aux traitements lourds, aux chirurgies ou à une simple vaccination. Il n’y a donc pas de contre-indications majeures concernant la prise simultanée de médicaments classiques (notamment les antibiotiques, les corticoïdes) et homéopathiques. Le traitement homéopathique ne devra jamais remplacer un autre traitement qui a fait la preuve de son efficacité, surtout quand le pronostic vital est en jeu.

 

7. Y a-t-il des contre-indications ? des aggravations

Du fait de leur très forte dilution, les médicaments homéopathiques n’ont ni toxicité chronique, ni contre-indication, ni effet indésirable. Ils peuvent être donnés à tous les animaux, jeunes ou moins jeunes, ou pendant la gestation. L’aggravation des symptômes en début de traitement est possible, plutôt rare et toujours passagère. Lors de maladies de peau, elle est de bon signe car indique que le choix du médicament est correct. Une aggravation locale trop intense doit faire arrêter temporairement le traitement, puis reprendre en espaçant davantage les prises. Une aggravation de tout l’état général (rarissime) doit faire arrêter le traitement et oblige à le reconsidérer. Enfin, une disparition trop rapide des symptômes, notamment en dermatologie, n’est pas souhaitée, car il y a un risque d’apparition d’autres symptômes souvent plus graves.

 

8. Comment se présentent les médicaments homéopathiques ?

Ils se présentent le plus souvent sous forme de granules (contenus dans des tubes) ou des globules (mini-granules contenus dans des doses). Ils ont un goût légèrement sucré car sont fabriqués avec du saccharose (sucre de canne) et du lactose (sucre de lait). Dans certains cas, des mélanges de plusieurs substances sont nécessaires. Pour en faciliter la prise, ces mélanges sont préparés en solutions alcooliques ou aqueuses (voire sous forme de poudres). La posologie habituelle est alors d’une goutte par kilo de poids, avec un minimum de dix gouttes par prise. Pour les granules, la posologie peut varier de 3 à 5, voire 10 granules par prise.

 

9. Que signifie CH ?

C’est l’abréviation de « Centésimale Hahnemannienne » pour rappeler que le procédé de fabrication des dilutions successives a été inventé par le Docteur Samuel HAHNEMANN, il y a plus de 200 ans. Le nombre qui précède les lettres CH indique le nombre de dilutions subies par la substance de base.

 

10. Quand donner le médicament homéopathique ?

N’importe quand dans la journée. De préférence avant ou après les repas. Nul besoin d’être à jeun.

Et combien dure un traitement homéopathique ? Sans indication précise, la règle est d’espacer les prises dès que l’amélioration est nette et durable. En cas de rechute, il faut reprendre le rythme initial.

 

11. Comment donner le médicament homéopathique ?

Les gouttes se donnent soit pures, soit diluées dans un peu d’eau ou du lait. Les solutions aqueuses se conservent au frigo, maximum un mois. Agiter le flacon avant de doser les gouttes. Nos animaux absorbent en général facilement les granules directement placés dans la gueule (idéalement, maintenir la gueule fermée pendant 30 à 60 secondes). Comme les granules et les globules sont imprégnés en profondeur, il est permis de les toucher avec les doigts. Enfin, il est possible de mélanger les médicaments dans un peu de nourriture ou de dissoudre les granules ou globules dans l’eau de boisson ou du lait en remuant régulièrement. Il est possible aussi d’écraser les granules et de les mélanger dans un peu de crème ou du beurre ou autre pâte à tartiner.

Lorsqu'il y a plusieurs granules à donner en même temps, je conseille de les laisser fondre dans un petit peu d'eau, puis de verser le tout sur un peu de nourriture. Il faut prévoir une dizaine de minutes pour permettre à l'ensemble des granules de fondre. Ainsi, le nombre de granules à donner n'est plus un obstacle à la prise du traitement.

 

12. Comment conserver le médicament homéopathique ?

Les médicaments homéopathiques se conservent : - à l’abri de la lumière, - à température ambiante modérée, loin de toutes sources de chaleur élevée (radiateurs), - loin de toutes sources électriques (appareils divers, voiture, ordinateur, téléphone portable…), - loin de toutes sources électromagnétiques (enceintes hifi, TV, wifi…), - loin des parfums ou huiles essentielles.

 

Docteur Etienne ZUBER